LRG N°1: Front rouge de la poésie

Sommaire

Front rouge: « le lyrisme de la terreur? »: commentaire d’un poème d’Aragon

Espoirs et désespoir du communisme: poésies politiques et philosophiques

Anticommunisme et communisme: textes de création polémiques

« Le vide vide Même le même, Les vers: vermines »: extraits d’un recueil à paraître

L’internat, l’interdit (P. DRAYOT): prose poétique

Exégèse existentiale d’une fuite (David BULIARD): prose poétique

Staline, le communiste: L’effroyable dictateur… (Eddy DE LA TAUSSON)

Les enseignements de La Commune de Paris (Nicolas BOURGOIN)

Extraits:

 

 

II. Le jeu de la vie: être sérieux avec la mort.

 

La vie persiste en un peu mortellement tuant:

C'est le jeu de la mort qui insiste en artiste.

Son pinceau verse des seaux de sang, des litres;

Son art tue, filtre les suées de sang, sue, sûr.

 

Il n'y a de la vie que lie furieuse, fantasque.

Il n'y a de la mort rieuse que fantasme renversant.

La vie est un drame mimétique qui se vide;

La mort peut-être une trame qui mime le même.

 

L'ennui, c'est que la mort se dérobe à vie à qui

La vit: on ne peut en vivre, on ne peut y survivre.

L'ennui, c'est que la mort enrobe la vie de qui

La fuit: elle envie la vie de qui vit enfoui, s'enfuit.

 

Sérieusement, est-ce un jeu sérieux

Que de vivre à écrire la mort, le vide?

Sérieusement, est-ce une vie sérieuse

Que de revivre et de réécrire sa mort?

 

La fin qui vient

 

Il est déjà tard, le soleil s'éteint, l'obscurité s'étend;

Un voile de nuit descend sur le village et l'obscurcit.

Il est déjà tard et mon cœur, ô mon cœur, las te quiert,

Lassé de ton absence matinale, requiert ta présence ici-là.

Ce matin déjà là-bas, quand tu es partie pour la ville en bas,

Ce matin-là, quand j'ai pris le parti pris de t'attendre,

Quand le soleil, clairement, a étendu ses rayons éclairant,

Quand cet attendu a illuminé les ombres du jour, j'ai compris.

 

Sombre lueur rayonnant en mon esprit raisonnant.

 

Je le vois, le vers luisant qui met les voiles, tout là-bas;

Je le pressens, lui qui met le village en réjouissances illuminées;

Je le vois et je l'entends, son bourdonnement qui se donne.

C'est le chant du jour qui prend du champ, tout enchantant.

C'est le jour qui soulève le vent, qui élève la lumière dans le vent.

La lumière prend le large et largue la nuit en un instant;

Les sens s'obscurcissent en cet instant où le sens de la nuit se fait,

Où le sens se fait de la nuit qui fait sens, d'un jour qui fait sans.

 

Sombre sens qui se fait sans, sans le jour de l'esprit.

 

Ce venant: un jour d'absence spirituelle, un jour de la nuit

De l'esprit; un jour où le vers se verse dans le vaste de la vase,

Se déverse dans les flaques de flasque sirop que l'on rote;

Et inversement, ne s'ouvre pas aux œuvres du chant, du changement.

A l'instant s'éloigne le réjouissant, l'instant du ravissement,

Cet instant d'émerveillement où les merveilles du soleil brillant,

Brillent tant et plus, plus que tout en même temps, au même

Moment, vrillent le temps, le temps du môme, au loin obscurcissement.

 

Sombre sens de l'avenir, de l'asservissement advenant.

 

Ne vois-tu rien venir? Ne vois-tu rien finir?

 

 

Discours de la méthode; méthode du discours

 III.

Naître, mûrir, mourir, renaître? Paysage effrayant du monde de l'effroi, non dépaysant. Vous pensez bien! Pensez-y: il faut bien y passer. Il faut bien trépasser, trépaner son passé. Mais n'y pensez pas trop: pas trop de même. Pour ne pas, il y a les tropes pour ça. Mais il n'y a pas que ça.

Mais non, vous n'y êtes pas: pensez-y à ce que vous êtes.

Dans votre monde de l'image, chacun se disperse sans perspective aucune, sans idéal, sans idée. « Vit sans Idée! ». « Vit dans l'image! ». Dans votre monde, l'imaginaire meurt des images des mages spectaculaires, des marchands, des inspecteurs des marchés. Projeté dans l'image inversée, le monde à l'envers, chacun traverse sa vie, évite les chemins de traverse. Chacun vit, et meurt, sans projet de vie, transperçant demain.

L'image est le maître-mot et le mot défait ne se fait plus mettre, ne se fait plus promesse ni maître.

Le miroir de l'image est le mirage du monde.

L'image se répète et par sa répétition construit le monde du mot détruit, du mot immontrable, de l'immonde: la mort qui mord, qui vide, mange la vie, même les anges, même le même. L'image ne montre que l'espace de la mort, cet espace vide de l'espèce du vide.

Le mot répété instruit de l'existence de l'extase de la vie, celle qui se vit sans se démontrer.

Je me répète que je suis, que je suis quelqu'un qui est, quelqu'un qui est en vie dans le vide.

Étrange, vous trouvez? Mais à quel étage vous trouvez-vous, à quel âge du mot? Mais à quel titre tirez-vous cet intitulé?

La répétition n'est-elle pas le propre de la propriété poétique? Du proprement littéraire? Le poète, n'est-ce pas ce littérateur qui, littéralement, dit, se redit et se dédit? Le poète répète, sans fin, sans finalement jouer, que le monde à ce jour est monde toujours, à travers les modes, à travers son envers imaginaire. Il répète les travers des hommes, ces vers de la terre. Il converse à verse et déverse ses odes imaginatives aux vermines humaines.

Le poète est un homme prodigieux, un homme du bois dont on fait le feu, le feu forfait, un homme des bois qui souvent boit (pas que du petit lait), qui souvent est à terre (à trépas une petite laide): un homme dont on boit les vers.

Le poète répète et contrepète les réformes anciennes contrefaites: sa formation les lui fait siennes. Il répète les formes de poètes ancêtres, d'êtres qui sont dans les sons. Le poète est le même et le même qui se répète.

Je ne fais que répéter ce fait que je suis, quelqu'un qui se fait, quelqu'un qui se répète, poète.

C'est la répétition générale; C'est la répétition et demain: La générale sera l'humain.

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